Avez-vous déjà essayé une cure de jus, un jeûne ou une monodiète pour « nettoyer » votre corps ? Mais… avant de vous lancer, avez-vous pensé à l’état de votre intestin ? Car oui, detox et inflammation ne font pas bon ménage.
Dans cet épisode, je vous révèle pourquoi faire une détox avec un intestin perméable peut être une fausse bonne idée — et surtout, par quoi la remplacer pour vraiment prendre soin de vous, retrouver énergie et équilibre.
Prêt(e) à faire le tri dans les idées reçues ? Alors restez avec moi, j’ai plein d’infos à vous partager sur la detox dans cet épisode.
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Ce que vous allez trouver dans cet épisode
- 00:00 Intro
- 02:10 Pourquoi cette année, j’ai dit non à la détox
- 04:20 Mon intestin me dit STOP : une crise qui change tout
- 05:15 Porosité intestinale : c’est quoi exactement ?
- 06:15 Ce que personne ne vous dit sur le processus de détox
- 08:30 Les risques d’une detox mal placée
- 09:15 Par quoi remplacer une detox quand l’intestin est en crise ?
- 10:45 Les 3 étapes à suivre AVANT toute détox
- 11:55 Conclusion : Restaurer d’abord, detoxifier ensuite
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🎵 Musique : Ilya Marfin
Pas de detox pour moi cette année
Hello et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Mange VIE Aime. Aujourd’hui, on va parler detox et inflammation, un sujet qui me tient particulièrement à cœur, parce que, eh bien, c’est pile dans la saison, mais surtout parce que j’ai vécu quelque chose d’intense en cette fin d’hiver, et j’avais très envie de le partager avec vous. Alors, le saviez-vous ? Une cure détox n’est pas indiquée pour tout le monde. Oui oui, je sais, c’est tentant de sauter sur l’occasion dès que le printemps arrive, de faire le grand ménage, de tout nettoyer… sauf que parfois, notre corps nous dit STOP. Et c’est ce qui m’est arrivé cette année. L’an dernier, vous vous souvenez peut-être, j’avais partagé une série d’épisodes journaliers pendant ma detox de printemps. Je viens de la publier sur ma chaîne Youtube, avec un an de décalage, mais cette année, pas de detox pour moi.
L’année dernière, c’était la première fois que je tentais une semaine entière de detox et c’était une expérience puissante, riche, transformatrice. Plus jeune je suis tombée dans le piège des monodiètes sur 3 jours, comme la monodiète de pommes, puis je me suis plutôt tournée vers les detox solides, en mangeant plus léger, mais je n’avais jamais fait une semaine entière de diète à base de jus, de smoothies et de soupes de légumes. Manger liquide toute une semaine c’est quelque chose, et ça déménage sur tous les plans. Si vous n’avez pas encore écouté cette série d’épisodes, vous pouvez vous replonger dedans, jour après jour, juste ici. C’était mon journal de bord, tel quel, avec toutes mes impressions, mes ressentis, ce que j’avais consommé pendant la semaine, je vous laisse découvrir.
Mais cette année… cette année, j’ai dû dire non.
Detox et inflammation : une crise qui change tout
Pourquoi ? Parce que j’ai souffert d’une grosse crise intestinale. Si vous êtes lecteur du blog madame shiitake.com vous connaissez sûrement une partie de mon parcours santé, j’en parle aussi dans quelques unes de mes vidéos, mais mon intestin et moi, c’est une grande histoire. C’est lui qui m’a rappelé à l’ordre en 2020, quand j’ai déclenché pour la première fois ma grande alerte rouge. De nombreux mois d’hémorragies digestives (presque 9 de mémoire), incontrôlables, même sous l’effet de puissants médicaments contre la rectocolite hémorragique, maladie que l’on me suspectait à l’époque. On m’a finalement découvert une endométriose profonde, sans écarter pour autant l’existence d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, autrement appelée MICI. J’ai fini par venir à bout de cet incendie intérieur, naturellement, mais au prix de nombreux mois d’errance, d’apprentissage et de mise au point de mon protocole SOS intestin en crise.

En 2022, rebelote, mais là j’arrive à réduire la durée de la crise à seulement 2 petits mois, je peaufine ma méthode. C’est surtout le gros stress de ma démission qui a mis de l’huile sur le feu à cette époque, le stress étant une grande source d’inflammation, notamment intestinale. Je pensais que tout ça était derrière moi, mais quand on souffre de maladie inflammatoire chronique de l’intestin, ça n’est jamais vraiment très loin. Tout est une question d’équilibre entre la gestion du stress et ce que l’on met dans son assiette.
Malheureusement pour moi, une 3e crise s’est déclenchée, mais pour la première fois, je n’avais pas peur, car je savais que j’avais tous les outils à ma disposition pour éteindre le feu rapidement. En seulement 5 jours j’ai stoppé les saignements intestinaux, une belle victoire. Alors je suspecte d’avoir provoqué inconsciemment cette 3e crise (j’ai fait n’importe quoi du côté de l’assiette, et j’ai traversé une période de stress intense, si vous êtes sensible aux énergies du moment, ça a dû pas mal remuer pour vous aussi en février-mars, vous pouvez me le dire en commentaire). Je suis en train de créer mon accompagnement et qui de mieux pour valider la méthode que soi-même ^^. Revivre les sensations de douleurs, d’incertitudes, ça c’est fait, mais revivre surtout la sensation de retour au calme intérieur, c’est fait aussi.
Faire une detox en souffrant de perméabilité intestinale : mauvaise idée
Alors qui dit crise intestinale, dit porosité intestinale, aussi appelée hyperperméabilité intestinale. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’en période de porosité intestinale, ce n’est pas simplement les bons nutriments qui traversent la barrière intestinale pour rentrer dans l’organisme, mais aussi quelques éléments indésirables, comme des grosses molécules, des aliments mal digérés, des pathogènes, et tout ça alimente encore plus l’inflammation silencieuse dont nombre d’entre nous souffre, et c’est la voie royale au développement de douleurs chroniques, maladies auto-immunes ou de civilisation.
C’est cette inflammation sourde, tenace, qui m’a rappelé à l’ordre. Et une chose est claire : faire une détox dans un corps en crise, c’est non.
Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que la détox passe par plusieurs organes dits émonctoires, nos organes d’élimination, à savoir les poumons, le foie, les reins, les intestins, mais aussi la peau. La détox, ou détoxification, c’est ce processus naturel par lequel notre corps élimine les toxines. Et ça, notre organisme le fait tout seul, tous les jours. Pas besoin de semaine de detox pour faire une detox. Mais dans certains cas — après une période d’excès, une alimentation déséquilibrée ou une exposition prolongée à des polluants — on peut vouloir soutenir ces organes émonctoires. En réalité, la semaine de detox, ce n’est pas une élimination des déchets, c’est un soutien que l’on apporte à nos organes d’élimination. En période de detox, c’est généralement le foie que l’on va chercher à soutenir. Le foie, c’est notre grande usine de traitement des déchets. Il filtre, il détoxifie, il transforme. Faire une detox pendant une période d’inflammation solliciterai bien trop le foie et les autres organes émonctoires, à éviter.
Détox et inflammation : les 3 phases de la détoxification
On parle souvent de ses fameuses trois phases de détoxication :
>Pendant la phase 1, dite d’activation, le foie commence par transformer les toxines en substances intermédiaires. Ces premières transformations peuvent rendre les toxines encore plus réactives, donc potentiellement plus dangereuses. C’est une étape préparatoire.
>Pendant la phase 2 dite de neutralisation (ou de conjugaison), le foie modifie ces substances intermédiaires pour les rendre moins actives, moins toxiques. Il les rend plus faciles à éliminer, en les combinant avec d’autres molécules.
>Pendant la phase 3 dite d’élimination les substances sont dirigées vers les voies d’élimination :
- Celles qui sont solubles dans l’eau partent dans le sang, vont jusqu’aux reins, et sont évacuées par les urines.
- Celles qui sont solubles dans les graisses sont envoyées vers la bile, puis l’intestin, et éliminées dans les selles.
La transpiration, contrairement à ce qu’on croit souvent, joue un rôle très limité dans l’élimination des toxines selon des études récentes. Oui des polluants sont éliminés par la sueur, mais en quantité minime.
D’où l’idée d’une cure détox, on va aider notre foie à faire son travail grâce à l’assiette : on mange plus léger, on boit davantage. Une alimentation plus naturelle, sera moins riche en polluants et toxiques qu’une alimentation industrielle avec son lot d’additifs et produits chimiques. En adaptant son alimentation le foie a moins de travail, et peut donc se concentrer sur l’élimination de ce qui est déjà en stock. Jusque-là, rien de bien méchant. Sauf que… il y a un pré-requis ESSENTIEL à la cure detox qu’on oublie trop souvent : avoir des intestins en bonne santé !
Detox et effet secondaire : les risques d’une detox en période d’inflammation
Si vous souffrez de perméabilité intestinale — ce qu’on appelle aussi un “leaky gut” — votre barrière intestinale est altérée et poreuse. En gros : les jonctions serrées entre les cellules de votre intestin ne font plus bien leur boulot. Résultat : les toxines que le foie a si bien préparées pour être éliminées peuvent être… réabsorbées. Ces substances indésirables passent dans votre sang… et cela crée de l’inflammation, de la fatigue, des intolérances alimentaires, voire des troubles auto-immuns. Et c’est là que ça coince car au lieu de faire du bien, la détox peut empirer l’inflammation. C’est le serpent qui se mord la queue. Detox et inflammation ne font jamais bon ménage. Et c’est pour ça que cette année, j’ai écouté mon corps. Plutôt que de faire une detox, j’ai ressorti ma boite à outils SOS intestin en crise, et j’ai géré ma perméabilité intestinale.
J’avais des ballonnements, des douleurs, une très grande fatigue (en plus des désagréments bien moins glamour dont vous vous doutez)… Et ça, ce sont souvent les signaux d’alarme d’un intestin qui dit « help ». Alors je suis retournée à l’essentiel :
- J’ai éliminé totalement les aliments inflammatoires
- J’ai apaisé avec des bouillons, des soupes, des tisanes ciblées
- J’ai apporté à mon intestin les aliments dont il avait besoin pour se réparer
- Et surtout, j’ai mis de côté toute idée de cure detox
Parce qu’avant de détoxifier, il faut restaurer. Toujours. Une détox stimule la production de bile, cette substance produite par le foie pour digérer les graisses… et évacuer les toxines. Mais si votre intestin est poreux, au lieu d’éliminer ces toxines, vous risquez de les réabsorber dans votre circulation sanguine. C’est un peu comme balayer face au vent, la poussière reviendra forcément là où on ne veut pas d’elle et s’installera à nouveau partout. Avec un intestin perméable en période intense de détox, les déchets reviennent à l’intérieur. Et ils circulent partout. Conséquences possibles ? Maux de tête, fatigue extrême, brouillard cérébral, troubles digestifs aggravés, voire réactions inflammatoires plus sévères.
Par quoi remplacer la detox quand l’intestin est en crise ?
Alors, si vous vous demandez quand faire une détox, je vous invite à poser les bases. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une chronologie à respecter. Avant de penser detox, il faut d’abord :
- Réparer sa barrière intestinale. On parle ici de renforcer les jonctions entre les cellules intestinales, pour empêcher les toxines de repasser dans le sang. Comment ? En soignant l’alimentation (moins d’irritants, plus de fibres douces) en régénérant la muqueuse avec des aliments riches en collagène, glutamine et bonnes graisses.
- Régler ses problèmes digestifs. Diarrhée, constipation, ballonnements ? Ce sont des signaux qu’il y a quelque chose à régler avant de lancer le grand nettoyage. Prendre soin de son microbiote intestinal est primordial, ça passe par des apports adaptés en aliments riches en probiotiques naturels, mais aussi des prébiotiques pour nourrir les bonnes bactéries de notre intestin.
- Réduire l’inflammation silencieuse. Un corps en feu ne peut pas éliminer efficacement. Il est trop occupé à gérer le chaos interne. Donc on calme, on apaise, on nourrit, via l’alimentation anti-inflammatoire, la gestion du stress, un meilleur sommeil.
Et pour vous aider à amorcer ce chemin, j’ai créé un pack de démarrage de la cuisine anti-inflammatoire, que vous pouvez télécharger gratuitement en bas de cet article. Vous y trouverez des conseils et astuces pour commencer tout en douceur. Faire une détox sans avoir préparé le terrain, c’est comme appuyer sur l’accélérateur alors que le frein à main est encore enclenché.
Alors cette année, pour moi, pas de jus, pas de smoothies en mode detox. Mais beaucoup de douceur, de recentrage, de méditation, de respiration, de siestes aussi. Et je vous assure que mon corps a adoré. J’ai réalisé que le vrai luxe, ce n’est pas de s’infliger une detox par obligation de saison, mais d’être en accord avec ses besoins. Et cette année, mon besoin, c’était de restaurer.
Detox et inflammation : réparer avant de détoxifier
Alors si vous hésitez, si votre digestion est chaotique, je vous le dis avec tout mon cœur : ce n’est pas le moment de faire une detox. Faites les choses dans l’ordre. Vous aurez tout le temps de detoxifier… quand vous serez prêt.e. Une cure détox mal placée peut faire plus de mal que de bien si votre intestin est poreux. Avant toute détox, écoutez votre corps, entourez-vous de professionnels de santé qualifiés, et surtout : allez-y étape par étape.
Merci d’avoir été là pour ce partage, ce moment de vérité, un peu plus intimiste peut-être. Si cet épisode vous a parlé, pensez à le partager à quelqu’un qui envisage de faire une detox, ou qui galère avec sa digestion. Et si vous ne l’avez pas encore fait, abonnez-vous à la chaîne, ou au podcast, selon où vous écoutez.
Je vous dis à très vite pour un nouvel épisode de Mange VIE Aime. Prenez soin de vous, en douceur, toujours.





Merci pour cette expérience ! Quant à moi j’aime plutôt couper le sucre au printemps, ça me fait du bien.
Tu as bien raison, réduire le sucre n’est jamais une mauvaise idée, d’autant plus si c’est du sucre raffiné 😉